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"Papiche"

Jean Darrieux

Jean DARRIEUX "Papiche"

Les dernières années de la décennie 60 ne furent guère brillantes pour les couleurs saristes. Trop souvent, nous nous battions pour éviter la cuillère de bois dans le classement des clubs du comité.

De plus, les dirigeants ne se bousculaient pas pour soutenir une bande de copains sympathiques certes, mais plutôt portés sur cetains vices peu compatibles avec le minimum de sérieux et d'entraînement qu'un modeste rugbyman se doit de pratiquer.

Un après-midi, occupé avec Popaul Russeil, à préparer les maillots du lendemain, dans la vieille cabane où l'on entreposait nos équipements, quelle ne fut notre surprise d'entendre quelqu'un frapper à la porte pour demander s'il pouvait être utile au club !

L'accent était loin d'être celui des Charentes... ce n'était pas non plus celui du Midi - il était rocailleux, à la fois rude et convaincant, il sentait bon la Gascogne. Ayant tâté de la "bechigue" dans son Maubourguet natal, et apparemment au courant des choses du rugby, notre homme fut balancé secrétaire du club, puis responsable et éducateur de l'école de rugby, le cumul des mandats étant autorisé à notre époque.

Ecole de rugby qu'il dirigea d'une main de maître, parfois avec cette rudesse qqu'on lui avait dispensée dans sa jeunesse, toujours avec enthousiasme, un enthousiasme débordant... (à tel point, qu'il se dit, qu'un jour, un de nos présidents, pour tempérer ces excès de fougue, s'est vu contraint de lui infliger quelques coups de pied - bien amicaux certainement - dans la partie la plus charnue de son anatomie !)

Les jeunes l'aimaient leur "Papiche", c'est ainsi qu'ils l'avaient surnommé, et cette école de rugby, c'était sa fierté : les Bontemps, Saint-Sardos, Dole, Moreau, Bouquet, Roger, Baril et autres... se souviennent que, sitôt, leurs matchs terminés, Papiche remplissait sa voiture de certains d'entre-eux pour aller encourager l'équipe fanion qui en avait bien besoin.

 

 

Secrétaire, il le fut durant de longues années, toujours disponible pour le club, mais aussi pour le Comité Départemental qui fut créé à Rochefort, et dont il assura la présidence peu de temps après. Il fut de ce fait en relation avec tous les représentants du Comité Charentes-Poitou dont il fut membre, et où il défendit avec la conviction et la passion qu'on lui connaît, les intérêts du club.

Qui ne connaît pas Nicole - sa bouillante épouse - lors des receptions au foyer où elle apportait se verve et sa bonne humeur.

Au rayon des souvenirs : les bons, d'abord le jour où il instrumenta sur le terrain au côté de son fils Philippe, et puis nos montées en 3° division dont l'un lui valut sa barbiche.

Le plus mauvais : une feuille de match sur laquelle il avait interverti les deux équipes, ce qui nous valut, suite à la réclamation du club adverse, une défaite sur tapis vert.

Papiche a été de toutes les aventures saristes, et malgrè son air revêche, il a toujours respecté amis, joueurs et dirigeants avec qui il aimait faire la fête.

Malheureusement, la maladie ne l'a pas épargné, et s'il ne participe plus à la vie active du club, il est toujours resté fidèle à ce stade qu'il a longtemps arpenté, et à ses joueurs qu'il a toujours encouragés.

Si dimanche prochain, nous jouons à la maison, longezz le vestiaire, et dix mètres plus loin, au pied du pylone qui porte l'éclairage, il sera là, béret vissé sur la tête, la canne à la main, l'oeil malicieux... Allez lui dire bonjour, même s'il ne le montre pas - fierté gascogne oblige - ça lui fera chaud au coeur...

 

 

J. Bourit.

 

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