Si elle était renommée dans le Comité Charents-Poitou pour ses vitupérations intempestives à l'encontre des adversaires, des arbitres et bien souvent de ses propres joueurs, c'est que très jeune elle fermenta dans le chaudron bouillonnant des inconditionnels du rugby surgérien qui lui inculquèrent l'art et la manière de se faire respecter dans les tribunes, derrière la main-courante, sur le stade, comme à la troisième mi-temps.
Si pendant cinq ans, et pour suivre son mari, elle dut abondonner ses amis et le rugby pour s'expatrier en Sologne, sans avoir un ballon de rugby à suivre le dimanche, l'appel du large lui fit rechercher une ville proche de l'océan... mais surtout pas Rochefort, "l'ennemie héréditaire" des surgériens !
Et pourtant, ce fut la cité Colbert où elle apporta son enthousiasme, son dévouement pour animer la vie du club (fête, déplacements, réceptions, voyages...) et cette joie de vivre qu'elle a su communiquer à tous ceux qui l'ont approchée, dirigeants, joueurs, amis ...
Tous les ans, elle partait huit jours, avec le train des pélerins pour Lourdes : elle y était "petite serveuse" et roulait les malades dans leur fauteuil pour leur permettre d'assister aux cérémonies.
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Il y a quelques années, elle demanda à son mari de faire un dernier pèlerinage : à bout de force, mais certainement très heureuse, il lui fit faire en chariot les étapes qu'elle avait tant de fois faites pour les autres... huit jours plus tard, elle n'était plus.
Sûrement le Bon-Dieu l'a recueillie, et c'est pour ça que le dimanche, si vous prêtez l'oreille et si vous levez les yeux, là-haut, vous entendrez, et si le temps est clair, vous devinerez Geraldine et ses copains, Henri, Raymond, Yvon, Tonton Jean, Philo et les autres, assis sur leur petit nuage, encourageant les supporters d'en-bas qu'ils trouvent souvent bien timides, et applaudissent les joueurs pour les féliciter de leurs exploits pour cette montée en 2° division...
M. Bourit. |