Page précédente :  "Lulu"
Retour à la page d'accueil du site
Page suivante :  Hommage à Bernard MOINIER
Lire le texte

 

Monsieur Riché

Monsieur

Riché

 

Monsieur Riché

De sobriquets, il n'a jamais eu... quoique nous eussions pu l'appeler Monsieur... Monsieur Jean.

Se vantant de n'avoir jamais touché à la cigarette; d'avoir bu certes, mais avec modération; d'avoir pratiqué, jusqu'à un âge avancé, footing et culture physique; toujours tiré à quatre épingles, même au sortir des terrains les plus marécageux... (le peigne en bandoulière pour mater une mèche rebelle); criant haro sur une jeunesse oubliant de cirer ses crampons d'un entraînement au suivant ou d'essuyer ses pieds avant de monter dans sa voiture... Oui, Monsieur Jean est fait de principes, qui faisaient sourire, dépassés aujourd'hui, auxquels il est resté fidèle et qui font sa singularité !

Plusieurs décennies durant, il a arpenté les stades pour initier, entraîner, arbitrer, de l'école de rugby aux seniors. Les méthodes ? celles de l'époque : - en guise d'échauffement, moult tours de terrain... Jean devant... (ça, il avait la condition!) ... les autres derrière... tous au moins ceux qui pouvaient suivre. - un ballon - un - pour vingt à vingt-cinq gamins et répéter inlassablement le "mouvement général" sur toute la longueur du terrain... Jean dirigeait... les autres... - le dimanche, pour être de la fête : faire partie du groupe de départ (établi dès le début de la saison !)... et les plus

 

malheureux, les derniers arrivés (sauf s'ils apportaient un plus au groupe), les moins affûté piaffaient sur le banc de touche... seuls les plus tenaces pouvaient espérer une chance. Jean choisissait... les autres... - être arbitré par Jean était un gage de réussite pour nos couleurs... un handicap certain pour l'adversaire... et surtout ne l'accusez pas de mauvaise foi ! Jean sifflait... les autres...

Tout ceci est caricatural donc peut-être exagéré, mais rassure-toi Jean : des "Jean", il y en avait dans tous les clubs, et ce sont eux, avec leur singularité, qui ont fait la vitalité du rugby de l'époque.

Aujourd'hui, si tu partageais un moment de vie avec des cadets ou des juniors, un plomb tu péterais... et pourtant ces garçons sont les enfants de ceux que tu as dirigés, avec méthode et rigueur, trois ou quatre décennies plus tôt; de ceux qui aujourd'hui disent à leur progéniture, avec un peu de nostalgie et beaucoup de malice, "si tu avais eu Monsieur Riché, tu ne partirais à l'entraînement avec des chaussures dans cet état !"

Ne change rien Jean - c'est trop tard - et puis tu ne serais plus Jean.

Taupe.

 

Retour haut de page
Page précédente :  "Lulu"
Retour à la page d'accueil du site
Page suivante :  Hommage à Bernard MOINIER