A l'époque, si "Fort Boyard" avait existé, "Passe-partout" nous l'aurions appelé.
Selon la rumeur, quelques centimètres lui manquaient pour réussir une grande carrière.
Comme peuvent en témoigner ses deux piliers, M. Larapidie et Nanar Moreau, son mètre cinquante trois, ou à peu près... au talonnage sans être accusé de trapèze, lui permettait de raffler toutes les balles.
C'était un vrai sportif. Son corps, il prenait plaisir à l'entretenir, sans tomber dans l'exhibitionnisme, uniquement pour son bien-être, en pratiquant culture physique, vélo, footing, et en avance sur l'époque, musculation; même aujourd'hui, dans les salles les plus sophistiquées, sa musculature aurait impressionnée.
Jamais il ne serait permis de décrier autrui et jamais je n'ai entendu quiconque médire de lui; bien au contraire, avec lui tout était si simple qu'on recherchait sa compagnie!
Devenu éducateur, peut-être parce que les gamins dont il s'occupait pouvaient le regarder droit dans les yeux sans avoir à se hisser sur la pointe des pieds, plus sûrement parce qu'il avait oublié de grandir et qu'il était resté un enfant espiègle, Zizi, par ses facéties, était l'idole de notre jeunesse... Nous étions les enfants qu'il aurait aimé avoir...
Facétieux, il le fut le jour où faisant la touche pour un match junior, en levé de rideau d'un "Angoulème - La Voulte" des grands jours, il laissa la foule sidérée, qquand sur un coup de pied de dégagement, et grâce à ses petites jambes, il bloqua le ballon entre la pelouse et son postérieur.
Facétieux, il le fut le jour où accompagné de Nanar et la chouette, il conduisit sa mère à Port des Barques pour assister au lancement d'un petit chalutier ce qui promettait lampion, fanfare et festivités !
Comme la vieille femme claudiquait bien bas et pour qu'elle ne rate rien du spectacle à venir, ils arrivèrent bien avant l'heure - la marée était basse - pour éviter l'affluence et garer la 4L sur la jetée, tout près du bateau flambant neuf.
Mais qui ne connaît pas nos trois lascars ? Et c'était jour de fête! Ils croisèrent quelques connaissances qui n'eurent aucune difficulté pour les tirer jusqu'au bar "La Marine", ou ils firent "leur spectacle"... tard... très tard... quand s'apercevant que la fanfare s'était tue, que les lampions s'étaient éteints, que la nuit avait recouvert la grève devenue déserte, ils s'inquiétèrent du sort de la grad-mère... A toute jambes, ils se précipitèrent...
Ouf! il n'était pas trop tard.... Heureusement "Mama", par le spectacle comblée et par l'attente fatiguée, sur la banquette de la 4L, elle s'était assoupie alors que le flot montant commençait à lécher le plancher de la vieille Renault. Nos trois amis furent contraints à un bain de pieds forcé pour sortir la "Mama" d'une situation quasi désespérée. |
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Facétieux, il le fut le jour où avec son ami Nanar, ils furent engagés pour le grand prix cycliste Bourdigal, comme venant d'outre-manche sous les noms de "Lous-tic" et de "Tom-hatt".
L'itinéraire partant de Rochefort, traversait Moeze, St Froult, Beaugeay et autres bleds pour revenir à Rochefort, via l'avenue Lafayette, avec arrivée face au "Rupella". Il était convenu que d'un patelin au patelin suivant, nos deux compères, dans un fourgon seraient transportés; remontant sur le vélo, quelques hectomètres avant l'entrée du village où ils étaient annoncés comme échapés et acclamés par une foule médusée... quoique l'état des vélos et la morphologie de nos deux coureurs ne correspondaient pas à ce qu'on pouvait attendre de deux fans de la petite reine !
Toujours en tête, et entre deux rangées de badauds éberlués, ils atteignirent la rue Lafayette dont les deux voies étaient séparées par des ronciers. Quelle mouche piqua "Tom-hatt", quand d'une ruade il expédia son compagnon dans les rosiers. Egratiné et sanguinolent "Lous-tic" remonta sur la bécane pour rejoindre son complice qui l'attendait en ricanant.
Enfin la dernière ligne droite, avec au bout le Rupella (il faisait soif!) Le sprint s'engagea... se voyant débordé, Nanar, une seconde fois, bouscula le prétendant à la victoire. C'en était trop ! A quelques mètres de la ligne blanche, et au grand étonnement d'une foule hilare, nos deux acolytes mirent pied à terre pour en venir au mains... Le flic le plus proche, craignant le pire, crut bon d'inetervenir, mais mal lui en prit puisqu'il en perdit son képi... pour laisser place à l'arrivée, la vraie, avec les vrais coureurs !
Un livre, nous pourrions écrire... Pour en savoir davantage, interrogez Nanar, la chouette et d'autres...
Pour moi, Zizi, je ne l'oublierai pas.
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