Un lustre pour sortir de l'ombre |
Monsieur Bourit..., une famille, un club, une époque. |
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Une époque... |
- Où chacun, ou presque, quelles que soient ses compétences, trouve sa place dans la société... Banquier, agent EDF-GDF, instit., militaire... heureux temps que "les trentes glorieuses"! |
- Où le sport s'assimile au loisir, ne se réduit pas qu'à la compétition, l'obligation de résultat, le devoir de rentabilité... favorisant insidieusement l'apparition du fric... des premiers sponsors. |
- Où tout club, pas encore annexe de l'ANPE, propose une deuxième famille à laquelle on adhère de son plein gré, où il fait bon vivre. |
une époque où l'on opte pour le club... |
le plus proche |
le plus familial (bien souvent celui où l'on a grandi) |
le plus convivial (3ème mi-temps oblige !) |
le plus ambitieux sportivement et répondant aux attentes de l'intéressé |
ou réunissant tous ces critères à la fois
Tableau quasi idyllique...d'argent pas d'odeur... comme le souligne le propos suivant : en janvier 1974, à un journaliste s'étonnant du redressement du SAR, depuis son arrivée (69-70), Monsieur Bourit lui répondit: "Je crois au contraire que notre assencion a été lente... et cela nous a été salutaire car nous avons pu former doucement un club avec l'esprit et l'amitié qui lui faisait défaut. Si de la dernière place, nous étions passés l'année suivante à la première, ce ne serait pas dû au hazard, ni à la chance mais une telle montée serait bien l'oeuvre de vocations rugbystiques Rochefortaises insoupçonnées, ou bien plus sûrement de dirigeants qui auraient disposé d'"arguments" persuasifs quant à un recrutement massif. Dans cette dernière éventualité, ce serait un autre président qui vous aurait répondu !" |
D'argent pas d'odeur... cependant on parle de promotion social... ce qui démontre que déjà, l'individu, seul, n'a pas toujours de moyens de trouver dans le monde du travail, la situation correspondant à ses capacités, et qu"il est en droit d'espérer ! On parle de "gentillesse"... comme ce directeur d'une compagnie de transport en commun changeant d'assureur du jour au lendemain, au profit d'un nouveau cabinet dont le responsable endossera le maillot rouge et noir ! On parle de "faveur"... un tel qui se voir offrir une salle de séjour; tel autre pour qui on acquitte la caution autorisant une location ! ; ce praticien qui devant le coût des soins dentaire attend que le patient soit remboursé par la sécu. pour récupérer son dû... quand il le récupère !!! Des enfantillages certes, mais le vermisseau est déjà dans le fruit. |
Un club... |
En juin 1969, nonobstant les efforts déployés par le président Campredon R et ses prédécesseurs, le SAR se débat dans les bas-fonds du championnat régionnal... Depuis six saisons et une descente en F3 (62-63), malgré un sursaut d'orgueil avec un titre de champion du poitou-honneur (64-65). |
Pourquuoi cette léthargie ? Un effectif daans sa grande majorité constitué de militaires, et c'est d'autant plus facile que quelques dirigeants en poste sur la BA 721 ou le CEAN orientent illico presto tout ouveau venu vers le club local, sur le seul critère qu'il a un fort accent du Sud-Ouest... ou qu'un ballon de rugby s'est égaré au fond de son paquetage... ce qui est loin d'être le gage d'un rugbymen accompli ! |
La preuve : j'ai le souvenir d'une rencontre à Surgères que nous abordons avec un N° 10 venu soi-disant de Dax ou de ses alentours. Je ne peux pas l'avoir oublié car ce jour-là, on ne parle que de la nouvelle recrue. Un phénomène ! coup d'envoi... malgré un élan à la fois gracieux et prometteur, le cuir ne fait pas 5 mètres... putain de Taupes... Le match étant amical, l'adversaire lui accorde une deuxième tentative... et rebelote... mêlée au centre ! Savait-iol se bougre que sur coup d'envoi le cuir doir franchir la ligne des 10 mètres ? Il n'y a rien de caricatural... mais l'accent ne fait pas le rugbyman. |
En ces temps là, faute de moyens de transport personnels, ces jeunes militaires contraints de rester sur place alimentent les associations sportives et notre club en particulier... Depuis, la vulgarisation de l'automobile fait que beaucoup d'entre eux préfèrent, le week-end venu, regagner leur "chez-eux" ou aller jouer sous d'autres cieux. La source est tarie ! Et les civils ? La médiocrité des résultats n'incite guère à la pratique, et l'école de rugby - base de la pyramide - n'en est qu'a ses premiers balbutiements. Tout est à refaire ou à faire. |
Un homme. |
Jusqu'ici, personne n'ayant réussi à sortir le club de l'ombre, reste la providence, l'homme providentiel... écouté parce que à la fois inattendu et inespéré. |
Un homme issu du milieu rugbystique, ayant une parfaite connaissance du terrain pour avoir mouillé le maillot, et des hommes pour les avoir côtoyé sur le pré et autour. |
Un homme capable de faire un état des lieux; non pas pour révolutionner et satisfaire une ambition personnelle, au risque de se tromper et de "planter" le club; mais pour 'adapter à la situation présente en repectant les idées, en mobilisant les énergies déjà en place, en fédérant toutes les sympathies nouvelles pouvant nous rejoindre; et patient pour entreprendre avec l'adhésion de tous un long travail de reconstruction. (5 saisons !!!!!) |
Un homme qui sait qu'un club ne se réduit pas à quinze mecs sur un pré ni à la durée d'u match... qui qiat que c'est bien davantage. Une équipe n'étant pas une simple juxtaposition d'individus, joueurs (et dirigeants) ayant une vie avant le coup d'envoi et après le retour aux vestiaires, il sait que pour se trouver sur le terrain, ils doivent apprendre à se connaître au-delà du jeu... |
En les amenant à se (re)trouver au sein d'une deuxième famille, le club, où l'on partage les moments forts (bal du rugby, réveillon de la Saint-Sylvestre, galette des Rois, méchouis, rallyes, voyages... j'ai connu !) aussi bien que les difficultés et parfois les malheurs de chacun. |
En créant un lieu de vie - la célébrissime "cabane", préfabriquée désaffecté, faisant office de foyer - où la grand messe terminée, joueurs, vainqueurs et vaincus (il n'y a plus de couleurs de maillots), entraîneurs, dirigeants, famille (le père est content de venir voir le fiston), amis, copains, laa copine, la femme, enfants... se retrouvent pour la troisième mi-temps; un "chez-nous" où les mauvais perdant refont mille fois le dernier match, les oisifs passent le temps avec d'interminables parties de tarot, les mal mariés fuient le temps d'un demi, les fureurs d'une compagne à juste titre devenue trop exigeante, les fêtards viennent chercher quelques acolytes pour une virée nocturne, les assoiffés boivent encore pour oublier qu'ils boivent... et parfois celui qui vit un mal être trouve là, parole et regard qui lui permettent de tenir... il a tout compris cet homme. |
Un homme, chef de famille... la sienne, avec ses deux fils, Gérard et Pascal qui ont marqqué de leur empreinte le rugby Rochefortais; avec "Géraldine" sa femme et Annick sa fille... deux ferventes supportrices. Qui ne connaît pas Madame Bourit... petit bout de femme, assise sur un volcan en éruption dès le coup d'envoi ? Chauvine, non; passionnée, oui... et il est facile de déraper ! Toujours seule, derrière la main courante, dans le coin le plus désert... pour mieux se faire entendre, dit-elle, des siens qui n'échappent pas à ses piques verbales... mais aussi pour mieux apostropher arbitre et adversaires qui ne peuvent pas ne pas l'entendre... plus sûrement parce qu'elle connaît trop bien, et qu'étant femme de président devant montrer l'exemple, elle craint de ne lâcher et d'outrepasser le devoir de fair-play. Le lendemain, se remémorant les péripéties de la veille, elle culpabilise... pourtant il n'y a pas de quoi ! Madame Bourit fait partie du rituel dominical... et les rares fois où elle n'est pas sur le stade, il y a toujours quelques Saujonnais, Surgériens ou Trembladais... supporters inconditionnels comme elle, pour demander... pour s'inquiter de son absence... car sans elle, avec qui vont-ils croiser le fer ? il leur manque quelque chose qui fait le sel de ces derbies. |
Un chef de famille: la famille sariste. Soucieux du bonheur des autres, toujours prêt à tendre la main à tous ceux qui rament, quelques uns abusant de cette générosité... toujours prêt à fermer les yeux, à intervenir face aux débordements d'une jeunesse trop indisciplinée... en parlementant avec le voisinage qui accuse de tapage nocturne les libations suivant les matchs à domicile; en rassurant les édiles suite aux plaintes de gens trop bien rangés, scandalisés à la vue de quelques paires de fesses un soir de victoire; en récupérant un tel qui finit sa nuit au poste et qqui doit jouer l'après-midi... l'homme de part ses qualités de coeur rallie les ombrageux, les méfiants, les susceptibles, les rebelles... Un homme amoureux de la vie dont on recherche la compagnie. |
Cet homme MONSIEUR BOURIT. |
Une poignée de dirigeants ( M. Darrieux - Campredon - Laclare - Daniel - Seignol - Izaru - Russeil ...) des entraîneurs (Déjoux - Saint Sardos - Massé - Laffont - Thomas...) plus charismatiques que gestionnaires ou techniciens, dont les qualités humaines permettent de cimenter les éléments d'un groupe déliquescent... le rugby devenant un moyen, "l'esprit de famille" une finalité. |
Un noyau de joueurs issus de cette "famille", conscients de leurs limites, sans ambitions - réduisant, à tord peut-être, la compétition au loisir - mais fidèles malgré les aléas et les revers du championnat, n'attendant rien d'autre du club que le plaisir de se retrouver. ( Lalanne P - Noble P - Perrinaud P - Lavaud A - Julien dit "Pimpim" - Robin H - Tastet - Clément R - Amiot A et J - Bontemps J.M. - Moinier B - Largouet P - Bourit G - Muzac - Duc M - Martin D - Pettorin J - Ardouin - Pedron - Thomas - Taupe...) |
Deux juniors déjà retenus pour des sélections régionales et nationales (équipe de France scolaire) Bourit P et Sarreza F, quelques recrues... apportent jeunesse et expérience, redonnent confiance et goût de la victoire, contribuant au redressement de l'équipe et à l'écriture d'une des plus belles saisons dans l'histoire du club. (Cottenec J.P. 1/2 de mêlée - Aguerra A 2° ou 3° ligne - Recordon H arrière - Jean G pilier - Chuppeau C pilier - Rousseau E ailier...) |
Des gens simples et patients... dont l'action s'inscrit sur la durée et dont l'éfficacité va crescendo avec en point d'orgue une place de finaliste dans le championnat de France honneur et un retour en 3ème division. |
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